Tout en haut du monde, de la poésie du grand Nord

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Comme vous le savez l’animation est une part importante de ce blog, quand Avril et le monde truqué emportait au festival d’Annecy le cristal du long métrage, un autre film se distinguait en ouverture du festival en remportant le prix du public : Tout en haut du monde. Pour notre plus grand bonheur ce film est toujours à l’affiche dans quelques cinémas de la capitale. Si le dessin de prime abord peut sembler simple face aux traits sublimes d’un Mamoru Hosoda ou l’univers BD d’Avril, cette impression se dissipe bien vite face aux paysages, aux villes, aux navires parfaitement exécutés et le dessin des personnages tout en rondeur et contraste se révèle alors d’une profonde poésie. Mais avant d’aller plus loin dans l’analyse il faut bien vous dire quelques mots de l’histoire, sans bien sûr tout vous dévoiler.

Le film s’offre à nous par un préambule, un navire, un quai animé et une petite fille au regard triste qui voit partir son grand-père pour un long voyage. Le générique s’égrène alors sur une carte de navigation qu’examine la petite fille devenu adolescente. Quand l’action commence le grand-père aimé n’est toujours pas revenu, les recherches se sont arrêtées, une bibliothèque au nom de l’illustre aïeul va bientôt être inaugurée. A la veille de son premier bal, la jeune fille prénommée Sacha guide une amie dans cette bibliothèque encore vide, pour lui montrer le document qui a rendu célèbre son grand-père. A ce moment entre en scène le nouveau conseiller scientifique du tsar, Sacha ne le sait pas encore mais il veut débaptiser la bibliothèque et entend bien oublier le grand père et son navire qui a coûté si cher à l’empire. Ce qu’il attend, un faux pas pour amener la disgrâce sur la famille. Quelques heures avant le bal, Sacha découvre la route que son grand père à réellement emprunté. Une simple feuille qui va alors guider sa conduite sur les pas de son grand père.

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Si les premières images, le bal, reste dans l’univers traditionnel du dessin animé, la bande son qui accompagne le départ de Sacha font entrer le dessin animé dans le film animé autant pour adulte que pour enfant. Le rythme du film renforce cette impression, on est loin de la vitesse qui caractérise aussi bien l’animation que les films de notre époque. C’est un film qui fait place au silence à la rêverie, l’action n’est pas menée tambours battants, elle prend le temps de se construire, à l’image de la marche dans la grand désert blanc.

Le scénario lui même s’éloigne de l’univers de l’enfance, ce que renforce la comparaison avec Avril et le monde truqué. Ce sont deux histoires de quête, deux histoires de famille, mais Avril recherche avant tout ses parents tandis que Sacha sait qu’elle ne retrouvera pas son grand-père, ce qu’elle cherche c’est son navire le Davai, pour laver l’honneur de sa famille.

Au delà du scénario, du rythme, de son public, Tout en haut du monde laisse une impression de profonde poésie : Poésie d’un dessin qui laisse deviner les personnages plus qu’il ne les représente physiquement, poésie des paysages qui nous conduisent dans le grand désert blanc, poésie du silence qui rythme la quête de Sacha.

L’animation que ce soit au Japon, en Europe ou en Amérique quand elle s’éloigne des blockbuster a donc de beaux jours devant-elle sans rien à envier aux films traditionnels, bien au contraire. Plus seulement réservée aux enfants elle vient rivaliser avec le film en nous offrant des scénarios bien plus complexes que la majorité des films à l’affiche. En conclusion, le dessin est souvent bien plus profond que ce que vous pensez et l’animation nous en donne chaque année la preuve, de quoi l’ajouter dans votre to watch list !

Infos en plus

Le blog de tout en haut du monde de 2011 à sa consécrations à Annecy et à Hollywood 

Le blog de son réalisateur Rémi Chayé

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