Faux méchant renard et véritable humour

Tout commence sur une scène de théâtre, les planches nous font face, nous sommes le public, qui attendons la levée du rideau rouge. Le spectacle ne semble pas tout à fait au point, on entend derrière le rideau, les acteurs qui s’affairent. Le rideau se lève une première fois sur un décor inachevé, les acteurs sur des échelles, il faut encore visiblement patienter. C’est le renard qui a la lourde tâche de meubler pendant que se règlent les derniers détails. Un vent de panique commence à se lever alors que le protagoniste de la première pièce annoncée a disparu, le bébé. Mais ces acteurs de la ferme sont pleins de ressource et tentent de trouver de quoi remplacer le bébé. Alors que le bébé est sur le point d’être remplacé par… une pastèque au grand dam du renard, il est retrouvé. La pièce peut alors se jouer. Le rideau s’ouvre en grand pour révéler une ferme au loin, la première des trois pièces peut alors commencer.

Dès les premières images le décor est donc planté, la scène de théâtre, l’absurde des premières situations, offre une distance et un humour qui est loin des films d’animations traditionnels. Nous ne sommes pas devant un film d’animation pour enfant ou pour adulte, nous sommes face à un film qui a décidé de nous raconter des histoires en jouant sur la carte de l’humour et du non sens. Une fois de plus l’animation montre sa capacité à innover et s’aventurer sur le terrain du film traditionnel avec toute la liberté de création qu’offre le film d’animation.

Au premier abord ce qui nous interpelle c’est donc cet humour si particulier qui nous fait penser aux bd de notre enfance. Impression renforcée par le dessin, qui nous entraîne dans l’univers de la bd du méchant renard. Si la volonté de Renner était de raconter une histoire basée sur sa bd, le film nous invite à une réflexion plus large sur l’humour dans le cinéma d’animation et ce qui distingue le grand méchant renard d’un autre méchant du cinéma d’animation qu’il côtoie par écran interposé.

La carte du non sens et de l’humour une rareté dans les dessins animés  

Le terrain sur lequel s’aventure le Grand Méchant Renard c’est donc l’humour et le non sens. Si cette approche n’est pas totalement nouvelle en animation, le non sens et l’humour matinée de folie était la marque de fabrique de Tex avery, il est plutôt rare dans les longs métrages les plus récents. Quand on regarde les longs métrages de Disney et surtout ceux fait après le renouveau de Disney dans les années 1990, on est loin du non sens ( La créativité et la liberté des premiers Disney ouvrait la porte au non sens et à l’humour à l’image d’Alice au Pays des Merveilles un sommet du non sens ). Le rire est présent mais c’est le plus souvent l’affaire d’un personnage en particulier dont le seul but est de plaire à un public plus jeune, on pense au Dragon de Mulan, au Raton Laveur de Pocahontas, ou au Bonhomme de neige de la Reine des Neiges. C’est un personnage dont le comportement rappel celui d’un enfant, il prête à sourire et offre un personnage auquel s’identifie les plus jeunes. Dans certain Disney on peut aussi avoir un personnage burlesque c’est le cas du génie dans Aladdin, mais même dans Aladdin l’humour n’est qu’accessoire, c’est un comique de situation, pas un comique de l’absurde. Si Pixar fait moins appels aux personnages prétextes  visant les enfants, le comique reste un comique basé sur le gag visuel. Le but de Pixar n’est pas de nous faire rire, sa carte est plutôt celle de la nostalgie, de l’enfance, du passage à l’âge adulte.      

Les deux méchants et l’humour

Si Disney ou Pixar ne joue pas vraiment la carte du non sens ou de l’absurde, la question se pose de l’autre grand méchant de cinéma sortie à quelques semaines du Grand Méchant Renard. Dès le premier opus de Moi Moche et Méchant la carte de l’humour est bien lancée, notamment avec les personnages totalement absurdes des minions. Mais le comique de moi moche et méchant est essentiellement basé sur les gags visuels, les minions sont des personnages absurdes mais il reste dans la veine des personnages enfantins destinés à plaire aux enfants. Le troisième volet de la série obéit aux standards des block buster : gags visuels, vitesses, débauche de situation invraisemblables.               

Humour et non sens de quoi délaisser les blockbuster pour un vrai bon moment de cinéma

Le grand méchant renard offre donc un véritable moment d’humour loin des Blockbuster trop enfantin de cet été. On en sort comme après avoir lu une bonne bd le sourire aux lèvres et l’envie de voir Mr Renard nous raconter d’autres histoires ! Un seul conseils : à voir ! 

Pour en savoir plus

Iinterview de l'auteur et réalisateur Benjamin Renner 

http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18665035.html

  

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