Indiscrétions, a Philadelphia story

Débuter un blog n’est jamais chose facile, les sujets se bousculent bien souvent dans notre esprit et aucun ne paraît pouvoir affronter le challenge du premier article, quoi de plus naturel donc que de commencer par son film et son genre préféré, un terrain connu et balisé qui je l’espère vous séduiront autant que moi.

Indiscrétion

Indiscrétion

Le film c’est donc Indiscrétions, dont le casting a de quoi faire pâlir d’envie : Katherine Hepburn, Cary Grant et James Stewart, un trio réuni pour une savoureuse screwball comédie. Avant d’entrer plus en avant dans le film, quelques mots sur le genre : la screwball comédie dont nous développerons au long des premiers articles les films les plus représentatifs. Comme son nom l’indique, c’est une comédie mais ce n’est pas une simple comédie de moeurs, basée sur le remariage, le divorce, c’est surtout une comédie excentrique, imprévisible, une satire, virant parfois avec certains auteurs au tragique. Tirant son nom d’un terme de baseball caractérisant une balle à la trajectoire imprévisible, il désigne aussi un personnage excentrique. Donc vous l’avez compris ce genre est d’une grande richesse et chacun de ses films mérite un éclairage que nous nous ferons un plaisir de faire !

Place à présent à Indiscrétions, le pitch, Tracy lord, Katherine Hepburn, riche héritière est sur le point de se remarier, tout pourrait donc être bien paisible mais nous sommes dans une screwball comédie, il faut donc un intru pour venir troubler la noce et quel meilleur personnage que l’ex-mari joué par Cary Grant ! Aperçu au début du film quand il fut expulsé du domicile conjugal. Pour parfaire le tableau deux journalistes, Macaulay Connor, James Stewart, et Liz Imbrie, Ruth Hussey sont eux aussi invités à la noce pour rendre compte de l’événement hautement mondain qui se prépare. On ajoute à cela une petite soeur qui n’a d’ yeux que pour le premier mari, une mère aux prises avec les frasques de son mari et un viel oncle malicieux et il faut bien le dire un peu pervers aux mains quelque peu baladeuses. Une galerie de personnages qui vont s’en donner à coeur joie sur un fond de dialogues savoureux.

Mais vous l’aurez compris comme le veut le genre et le réalisateur qui n’est autre que Georges Cukor, la comédie se double de satire sociale et comporte ici des scènes presque tragiques. Ici deux satires principales, celle qu’on retrouvera dans d’autres screwball comédies, des journalistes et une autre qui a maintes fois été étudiée par Cukor de l’aristocratie ou plutôt ici de l’arrivisme. Si à première vue le personnage de Tracy incarne l’aristocratie, la satire n’est pas sur son personnage qu’elle se plait d’ailleurs à contrefaire et à porter au ridicule quand elle reçoit les journalistes en prenant des airs de diva parlant français et complimentant une petite soeur venue chanter au piano une chanson très peu conventionnelle. La satire est sur le personnage du futur mari, qui compte bien avec son mariage entrer en politique. Dès les premières images de ce mari on comprend toute la différence entre la simplicité en fait de Tracy et le caractère parvenu du futur. Celle-ci d’ailleurs n’hésite pas à le pousser à terre pour salir le beau costume tout neuf acheté pour faire du cheval.
Il y a ici une certaine indulgence du réalisateur face à la famille Lord qui est d’ailleurs bien résumée par Tracy face au journaliste Macaulay Connor, avec “les riches et les puissants il faut toujours être patient”. Dans d’autres de ses films Cukor sera moins indulgent pour la “Haute société”, dans Ours Better celle-ci se montre tout en perfidie et en bon mot ou chacun se trompe avec malice.
On remarque en fait qu’autour du personnage de Tracy ce n’est pas la satire mais bien un fond quelque peu tragique, à l’image de la relation avec son père, qui lui reproche sa froideur et sa dureté face au faiblesses humaines, la qualifiant de déesse vierge. La comédie reprend d’ailleurs le pas autour de Tracy quand le champagne aide à briser sa carapace.
La satire du journalisme quant à elle est portée par le mari engagé par le bien nommé Spy magazine pour s’introduire dans cette haute société et faire entrer les deux reporters. C’est une certaine forme de journalisme qui est ici décriée celle de la presse à scandale. Mais là aussi la satire n’est pas sur les personnages qui incarnent ces journalistes mais sur le patron du magazine que l’on voit quelques minutes et dont le personnage de James stewart rêve de se défaire, mais accepte la mission car un journaliste doit bien manger comme le rappel sa très philosophique photographe et partenaire Liz.
Satire, comédie, tragique, le tout dans un tourbillon de dialogues plus affutés les uns que les autres, telle est Indiscrétions et la screwball comédie où vont sévir les deux acteurs principaux de ce film, Cary Grant et Katherine Hepburn, que je vous invite à retrouver dans un prochain film et un prochain article ! Bonne séance.

Abonnez-vous au tableau indiscrétions, Philadelphia story de Meribs sur Pinterest.

You may also like...

1 Response

  1. 1 January 2015

    […] Christine le film qui a fait l’objet de notre premier article et notre premiere thématique : Indiscrétions, Philadelphia […]

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *