Joies matrimoniales, Mr and Mrs Smith

Nous arrivons bientôt au terme de notre thématique screwball. Avant de poursuivre sur d’autres genres, comédiens, réalisateurs questionnons une dernière fois ce genre. Cette fois-ci nous ne sommes pas face à une comédie musicale mais une comédie dont le directeur vous étonnera. Coutumier de fréquentes apparitions dans ses propres films celui-ci n’est pas au premier abord un directeur de comédie, loin de là ! Ce n’est autre que le maître du suspens, sir Alfred Hitchcock.
mr_mrs_smith
Avant de questionner le statut ou non de screwball de Joies matrimoniales, place au pitch. Mr et Mrs Smith mariés depuis 3 ans sortent tout juste d’une dispute les ayant coupés du monde pendant trois jours. Leur précédent record étant de 8 jours. Leur mariage tient sur plusieurs règles dont celle de ne pas quitter leur chambre après une dispute jusqu’à ce qu’ils soient reconciliés. Une autre de ses règles consiste aussi pour Mrs à poser toujours la même question à son mari, si il devait tout refaire l’épouserait-il à nouveau. Contrairement aux fois précédentes, celui-ci répond très honnêtement non, disant qu’il préférerait rester célibataire. Bien que Mrs ne goute pas trop cette réponse elle le laisse partir à son travail. Or ce cher Mr Smith est précisément attendu par un homme, qui va rendre la question posée par sa femme quelques moments auparavant particulierement appropriée. Suite à une nouvelle loi leur mariage est en fait illégal…
Sur de nombreux points, cette comédie pourrait bien être considérée comme une screwball. Son thème puisque nous sommes plus que jamais dans la comédie du mariage et du remariage. L’année puisque le genre a vu son apogée il y a tout juste un an avec Indiscrétions et la Dame du vendredi. L’ actrice Carole Lombard qui est déjà adepte de screwball. Par ailleurs, les premières scènes du film peuvent aussi nous faire penser que nous sommes dans une screwball. En effet les personnages nous sont présentés reclus dans une chambre ou s’amoncellent les plats, les propos du personnels de maison semblent nous mettre en présence de personnages quelque peu excentriques, ce qui nous est confirmé après par la scène du jeune futur avocat tentant sa chance pour faire signer des papiers importants attendus par l’associé du mari qui s’occupe du cabinet pendant les absences répétées de son associé et néanmoins ami.
Cependant il semble manquer les principaux ingrédients qui font tout le sel d’une screwball et nous font penser que nous sommes plutôt en présence d’une comédie.
Tout d’abord le rythme, la screwball est caractérisée par un rythme effréné qui est mis en valeur par la rapidité des dialogues, ici le rythme est normal, les personnages ne se coupent pas la parole, le dialogue est certe très bon mais pas affûté et tranchant comme dans les screwball, peu de sous entendus ou de bon mots.
Ensuite si le personnage féminin n’hésite pas à mettre son mari dehors et à arborer son nom de jeune fille, le film ne tourne pas autour d’elle, le mari reste au centre de l’intrigue. C’est d’ailleurs lui qui a en quelque sorte le beau rôle car il cherche par tous les moyens à reconquérir sa femme quitte à abandonner son travail et la suivre jusque dans les rocheuses.
Un des points majeurs est aussi dans l’absence de satire, même si nous sommes dans le milieu judiciaire souvent présent dans les screwballs celui ci n’est pas critiqué ouvertement. Point de satire, on suit le mari dans ses pérégrinations nous demandant quand la femme cédera. Ne vous méprenez pas si cette comédie n’est pas une screwball, c’est tout de même un petit bijou signé par le maître du suspens himself. Si c’est en effet sa seule réelle comédie, pour conclure nous ne pouvions pas ne pas évoquer un autre de ces films qui peut aussi être considéré comme une comédie mais cette fois ci dans le registre de l’humour noir plus en accord avec le maître et ses racines britanniques. Ce film, “Mais qui a tué harry, the trouble with Harry ” tourne autour d’un cadavre bien encombrant que chaque personnage pense avoir tué et tente vainement de s’en débarrasser. Un délice d’humour noir que nous ne saurions trop vous conseiller dans la catégorie des comédies du sieur Hitchock, avec en prime la première apparition de l’actrice Shirley mc Laine en jeune mère de famille dont le fils est le premier à découvrir le cadavre.

Indice pour le prochain article, il sera question de comédie plus récente et de valises… Bonne séance.

Abonnez-vous au tableau Mr and Mrs Smith, joies matrimoniales de Meribs sur Pinterest.

You may also like...

2 Responses

  1. 11 February 2014

    […] adepte des comédies qui d’ailleurs joue dans une des seules comédies d’Hitchcock, Mr and Mrs Smith dont je vous ai parlé il y a quelque temps […]

  2. 19 October 2014

    […] peu tout dévoré ; découvrant au passage un semblant de screwball comédie absolument jouissive, Mr and Mrs smith dont j’ai eu l’occasion de parler ici. Voilà pour le côté fan d’Hitchcock, a […]

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *