Kubo, quand le japon rencontre le souffle épique pour une sublime lettre d’amour

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Tout commence par une histoire et une voix. Un frêle esquif sur une vague immense qui évoque déjà en nous la plus belle des estampes japonaises. La vague se fait de plus en plus menaçante, la voix poursuit “ne pas cligner les yeux”, écouter l’histoire jusqu’à la fin. Une femme est sur ce bateau, elle combat les éléments de toutes ses forces, elle semble fuir avec un précieux bagage enveloppé dans un tissus orné d’un scarabée. Mais les éléments sont plus forts, il blesse la femme et la laisse inconsciente sur le rivage. Bientôt le bagage révèle un enfant, le héros et conteur de l’histoire : Kubo. L’enfant grandit et se fait conteur au village mais il doit impérativement rentrer auprès de sa mère quand la nuit vient. Vous l’aurez compris l’intrigue commence quand Kubo désobéi à sa mère car dans toute histoire il faut des obstacles, c’est alors que la quête commence, que la compagnie se créé. L’obstacle, c’est la famille et le grand père de Kubo qui a déjà pris un de ses yeux et veux le rendre aveugle au monde, la quête c’est celle de l’armure de son père qui le rendra invincible, les compagnons…vous les découvrirez par vous même. Et oui même si c’est le premier article de cette fin d’année, je ne vais pas changer mes habitudes et tout vous raconter. Je vous dirais simplement, il est question de magie, de monstres, de vie et de mort…

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En parlant de magie, elle n’est pas seulement dans les mains des personnages mais dans le film lui même et sa technique qui allie les prises en stop motion et la 3D. Le résultat m’a tout simplement émerveillée. L’alliance de ses deux médiums apporte l’âme et la poésie à la 3D. Mais la technique n’est rien sans le scénario, l’histoire de Kubo a une telle puissance qu’elle semble être un conte passé de génération en génération, comme les histoires de chevaliers du temps jadis. S’il n’en est rien, le scénario de Kubo est cependant le fruit de plusieurs années de gestation par le Studio Laika, sur une idée originale d’une des characters designer, il s’est vu nourri pas l’enfance du producteur. Dans une interview Travis Knight le producteur, parle du Japon visité avec son père et de l’amour de sa mère pour la fantasy épique “elle lisait Tolkien étant enceinte”. Le film se révèle être une lettre d’amour à ces passions léguées par ses parents, le japon et la fantasy.

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Je dois vous dire que cet hommage au japon m’a particulièrement touchée, bien avant de connaître les liens si forts qui l’unissaient au film. Le Japon est invoqué sous toutes ses formes est particulièrement par son art et ses mythes. Tel les monstres qui citent un des derniers maîtres de l’estampe japonaise, Kunioshi, ou la vague d’Hokusai qui est appelé dans l’introduction même du film. En regardant Kubo on pense aux plus grands maîtres de l’animation japonaise, Miyasaki, Hosoda, ou Takahata qui a lui même invoqué le monstre de Kunioshi dans Pompoko. Je vous invite d’ailleurs à rester pour le générique de fin. L’hommage rendu au Japon se fait apothéose, avec les évocations des plus belles estampes japonaises dont la fameuse vagues d’Hokusai qui avait introduit le film.

kubo-afficheDans son interview Travis Knight, dit vouloir porter l’animation là où elle n’est jamais encore allée. En créant le studio il y a dix ans, il voulait raconter des histoires belles, riches, qui honoraient la tradition tout en regardant vers le futur. Avec Kubo, non seulement le studio Laika accompli ce but mais va bien au delà en ouvrant la voie à une autre forme d’animation aussi bien par sa technique que par la richesse et la beauté de son scénario. Comme je l’ai souvent dit sur ce blog l’animation a vraiment de beaux jours devant-elle !

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