Le port de l’angoisse, quand Bogart rencontre Bacall

Pour ce premier film du mois, quoi de mieux que de vous dévoiler les raisons du sous titre et de ce qui a failli être le titre du blog à l’image de son petit frère qui a présidé à sa naissance sur Tumblr. Comme vous vous en doutez peut-être, dans ce titre tout est question de cinéma, de grand cinéma et de petite histoire, en fait tout ce que vous trouverez au long des articles du blog.

le port de l'angoisse

Le port de l’angoisse/ Couple Bogart Bacall

 

Ce sous titre donc n’est pas celui d’un film, ce serait trop facile, mais celui de sa chanson phare, devenue depuis pour ne rien gâcher un standard du jazz. Le film c’est donc To have and have not, Le port de l’angoisse ; pourquoi avoir choisi ce film pour présider au blog, plusieurs raisons : c’est un de mes films et aussi une de mes chansons préférées, pour le duo Bogart – Bacall  qui fait entrer le film dans la petite histoire, aussi pour son réalisateur qui n’est autre qu’Howard Hawks, à l’origine d’ailleurs de deux screwballs comédie dont Bring up Baby, l’impossible monsieur bébé à lire ici. Et bien sûr pour le scénario tiré d’un livre d’Ernest Hemingway.

 

Comme son nom l’indique, nous sommes dans un port, l’action se déroule pendant la seconde guerre mondiale. Notre héro est venu y échouer, il y a quelques temps, et promène à présent les touristes sur son bateau pour des parties de pêche. L’ héroïne, car nous avons ici un vrai couple de star, est quelque peu perdue dans ce milieu où elle tente de subsister en allégeant de leur portefeuille les touristes de passage. Le couple se rencontre dans un bar d’hôtel où une grande partie de l’intrigue se déroule, alors qu’elle tente de subtiliser le portefeuille du client du capitaine, qui n’entend ni perdre son argent ni la belle voleuse. Vient s’ajouter une histoire de fuite sur fond de résistance, notre héros se voyant confier le transport d’un chef de la résistance. Il est accompagné d’un contremaître alcoolique incroyablement attachant, qui demande à chaque nouveau venu si il a déjà été piqué par une abeille morte comme un rite de passage dans son univers. Pour couronner le tout, il est confronté à des collabos à tendance mafieux et à la femme du résistant prête à tout pour sauver son mari. Vous avez ici les ingrédients majeurs d’un petit chef d’oeuvre oscillant entre la comédie dramatico-sentimental, le film noir et le film de guerre.
Si vous avez bien suivi ce scénario il vous fait peut être penser à un autre film, si je vous dis maintenant que notre héros n’est autre qu’ Humphrey Bogart vous aurez peut-être trouvé avec quel film je vais à présent jouer au jeu des comparaisons, c’est le plus grand film de cet acteur aux répliques mythiques j’ai nommé : Casablanca.
Commençons donc notre petit jeu. Les deux films se déroulent pendant la seconde guerre mondiale et font intervenir des chefs de la résistance face à un Bogart pas à priori enclin à prendre un quelconque parti, qu’il soit tenant de bar dans Casablanca ou marins dans To have and have not. Dans les deux films cependant les événements qui entourent Bogart et les relations qu’il va nouer avec ces chefs de la résistance vont l’amener à choisir son camps. Si on poursuit le jeu des comparaisons c’est une autre dimension qui apparaît fondamentale pour ces deux films, bien au delà de film noir sur la résistance ce sont deux histoires d’amour avant tout. De nombreux éléments renforcent cette dimension parmi eux les deux standards du jazz auxquels ont donné lieu ces deux films : pour Casablanca, “As time goes by”, pour To have and have not “How little we know”. C’est d’ailleurs bien l’histoire d’amour qui est mise en valeur par la réplique culte de Casablanca :
” Here’s looking at you kid”.
Ce sont donc des films bien similaires, mais ce qui rend To have and have not peut-être plus mythique à mes yeux se passe hors caméra. Si dans Casablanca c’est Ingrid Bergman qui partage l’affiche avec Humphrey Bogart, dans To have and have not c’est une toute jeune actrice de 19 ans au caractère déjà bien trempé, Lauren Bacall. C’est en fait dans ce film que ce sont rencontrés et aimés Lauren Bacall et Humphrey Bogart. Howard Hawks le réalisateur cherchait alors un personnage capable de tenir tête à Bogart, il va en fait trouver son alter ego.
Le magnétisme de ce couple mythique en devenir, transparaît donc à l’écran rendant l’atmosphère du film brûlant telle la scène ou Lauren Bacall vient demander du feu à Bogart
” Have you got a match”
Pour la petite histoire, Bacall et Bogart se marie en 1945 et resterons mariés jusqu’à la mort de Bogart.
J’espère vous avoir donné envie de voir ce film ! Je vais guetter pour vous ses retransmissions à la télé et surtout en salle !

Abonnez-vous au tableau le port de l’angoisse, to have and have not de Meribs sur Pinterest.

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2 Responses

  1. 4 February 2014

    […] La Dame du vendredi et le sous titre du blog prenant sa source dans la chanson phare du Port de l’angoisse . C’est d’ailleurs ce premier article qui m’a permis d’explorer le genre de […]

  2. 13 December 2015

    […] Casablanca à l’image de la naissance du blog sous les hospices de Bogart et Bacall avec le Port de l’angoisse. En ce début de mois de décembre alors que le blog reprend ses droits, l’analyse de […]

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