Les figures de l’ombre : quand l’histoire cachée se fait hymne à des femmes d’exception

daily-movies.ch-Les-figures-de-l’ombre-3Tout commence par une petite fille afro-américaine exceptionnelle Katherine, qui semble être née avec les mathématiques et jongle déjà avec les nombres premiers, ses parents sont convoqués pour qu’elle intègre un lycée hors de son comté natale, son comté n’ayant pas de lycée pour les enfants afro-américains, elle est alors âgée de 10 ans. Au côté de ses camarades bien plus âgés on la voit, écrire une équation au tableau noir. Nous la retrouvons bien des années plus tard à bord d’une voiture en panne sur la route. Elle est accompagnée de deux autres femmes, Dorothy et Mary dont l’une Dorothy est occupée à faire redémarrer la voiture. L’atmosphère est légère, les trois femmes plaisantent en se demandant comment elles feront pour rejoindre leur travail. Arrive un policier, le climat se fait hostile, mais la mention du travail des jeunes femmes pour l’agence qui deviendra la futur NASA fait vibrer la fibre patriotique du policier, qui va jusqu’à escorter ces trois jeunes femmes, ces trois figures de l’ombre.    

On pensait tout connaître de la conquête spatiale après avoir vibré avec Apollo 13, vu les reportages sur la conquête spatiale. Mais avant Apollo 13, avant les premiers pas sur la Lune, il y eu les premiers test dans ce qui était une véritable guerre des étoiles. Alors que les Russes avaient déjà pris de l’avance en envoyant une chienne, puis un homme dans l’espace, ce qui deviendra la NASA devait griller les étapes et envoyer un homme en orbite avant de l’envoyer sur la Lune. Si on connaît le nom de celui qui a fait ce premier vol en orbite, John Glenn celui de Katherine Johnson nous était totalement inconnu. Et pourtant, sans elle et son génie pas d’homme en orbite, ni sur la Lune, sans ses calculs et ses vérifications les ingénieurs étaient dans l’impasse. Il fallait quelqu’un pour voir au delà des chiffres, appliquer des mathématiques encore inconnue, pour calculer les trajectoires et fenêtres de lancement des premiers vols dans l’espace, il fallait un génie.daily-movies.ch-Les-figures-de-l’ombre-4-750x400

Mais Katherine n’est pas seule, l’ordinateur qui est censé remplacer les mathématiciennes et particulièrement la section des femmes afro-américaines, doit être programmé et c’est justement une autre figure de l’ombre, Dorothy Vaughan qui va s’en charger et l’apprendre à son groupe de travail, le West Area Computer composé exclusivement de femmes mathématiciennes afro-américaines. Dernière figure de l’ombre et pas des moindres parmi ces mathématiciennes exceptionnelles, celle qui deviendra la première femme noire ingénieure de la future NASA, Mary Jackson. Elle aura à en passer par la justice mais c’est le prix à payer pour changer les lois.

Les figures de l’ombre c’est l’histoire de ces femmes qui nous étaient jusqu’alors inconnue, une histoire d’espoir et de combat face à la ségrégation et au sexisme. Non seulement ce sont des femmes mais elles sont afro-américaines, autant d’obstacles pourrait-on dire qu’il faut dépasser, et elles le surmonte avec brio, avec classe et surtout avec humour. HIDDEN+FIGURES+2

Contrairement à ce que l’on pourrait penser face à un sujet aussi important, le film ne verse pas dans le mélo dramatique bien au contraire il respire la ténacité, le courage et donne envie de se lever pour applaudir ces femmes exceptionnelles. La force du film est aussi de montrer le racisme non pas dans la violence mais dans le quotidien ce qui le rend d’autant plus insidieux et insupportable, à l’image de toutes ces séparations, dans le bus, dans la rue, au travail : places réservées, cantines réservées et même toilettes réservées. La détresse de Katherine entrant dans un bâtiment qui ne comporte pas de toilettes réservées aux gens de couleur est symptomatique, si elle est pris sur le ton du tragi-comique porté par la bande son, elle est d’autant plus marquante. Quand au sexisme c’est le sexisme ordinaire, celui des petites phrases, des regards ébahis d’une salle composée exclusivement d’homme voyant venir une femme afro-américaine. Mais il est vite dépassé par la force de ses femmes et le soutien de leur entourage que ce soit les mères ou les maris.

Ce film est donc un véritable hymne à ces femmes, un étendard contre le racisme et le sexisme porté par la bande originale exaltée de Pharrel Williams le producteur. A voir absolument en cette période trouble. Je finirais cette article par la photo de ses femmes en guise d’ultime hommage a ces femmes qui ont changé l’histoire : Katherine, Dorothy, Mary

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Pour aller plus loin

lien pour en savoir plus sur les femmes de la recherche aéronautique.        

 

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