L’impossible monsieur bébé, Bring up Baby

Comme nous le laissions entendre à la fin de notre premier article, la screwball comédie constitue la première thématique de ce blog, il nous importe donc à présent d’explorer ce genre plus en détail avec un sommet du genre “L’impossible monsieur bébé”. Pour ce deuxième volet, nous restons dans un univers familier, puisque nous retrouvons les deux acteurs principaux d’Indiscrétion Katherine Hepburn et Cary Grant, seul le réalisateur ici change, c’est Howard Hawks et nous aurons d’ailleurs l’occasion d’explorer bien d’autres de ses films…

bring up baby

Place donc au film, il peut être considéré à juste titre, comme la quintessence de la screwball comédie, dans ce qu’elle a de plus excentrique et de plus fou, mais comme vous l’aurez deviné elle ne se limite pas là.
Le pitch, un paléontologue, seulement intéressé par ses spécimens et en passe d’ajouter le dernier os pour compléter son brontosaure joyaux de la collection de son museum, essaie d’obtenir une subvention auprès d’une riche donatrice. Afin de mettre toutes les chances de son coté il doit rencontrer l’avocat de celle-ci lors d’une partie de golf, une intrus vient alors troubler le jeu en cherchant sa propre balle or cette intrus n’est autre que l’héritière de la riche donatrice. Après quelques quiproquos, mâtinés de balles perdues et retrouvées, de voitures embouties, de vêtements déchirés, de chapeau bien utile et de dialogue riche en sous entendu, le personnage de Baby entre en scène. Baby n’est rien moins qu’un léopard apprivoisé cadeau du frère de l’héritière qui ne sachant pas comment s’occuper de ce gros matou terriblement affectueux et mélomane, fait appel au seul scientifique qu’elle ai pu rencontrer le paléontologue, qu’elle assimile à un zoologiste.
La machine est alors lancée à toute vitesse quand un léopard sauvage cette fois s’échappe d’un cirque et que Baby lui même prend la poudre d’escampette.
Voilà donc pour l’excentricité, incarnée parfaitement par Katherine Hepburn, parfaite en folle ingénue qui n’hésite pas à berner le scientifique pour qu’il l’aide avec son léopard et qu’accessoirement il ne puisse plus se passer d’elle et oublie sa collègue et fiancée.
Mais comme nous avons pu le voir dans notre premier article la screwball comédie se double le plus souvent d’un fond satirique ou même dramatique. Avec le réalisateur Howard Hawks la satire se porte habituellement sur le milieu du journalisme, de la politique, comme dans une autre de ses screwballs comédies ” La dame du vendredi ” dont nous aurons l’occasion de reparler. Ici pas de journalisme, ni de politique ou très peu, nous sommes face à l’élite mais celle ci n’est pas ouvertement critiquée. La justice est quelque peu malmenée et comme souvent chez Hawks la comédie passe par la case prison et donne alors à voir de beaux personnages de juges de paix et de policiers. C’est ici d’ailleurs l’occasion de confronter la pure folie qui environne le film depuis le début à des personnages à priori plus sains d’esprit et donne lieu à de beaux moments d’incompréhension, avant que le délire reprenne le dessus.
Mais au delà d’une justice un peu maltraitée il y a aussi une satire et celle-ci porte en réalité sur le personnage masculin lui même. Il se trouve tout au long du film, ridiculisé, manipulé, mené par des personnages de femmes, sa collègue et surtout l’héritière, et malmené par le règne animal, que ce soit les léopards ou le chien de la donatrice qui ne trouve rien de mieux que de voler et de cacher le précieux os dont ne peut se défaire le paléontologue. Cary Grant portant le peignoir de Katherine Hepburn représente d’ailleurs parfaitement ce constat, totalement dépassé il n’a plus qu’à s’asseoir et laisser les choses se faire. Comme pour Indiscrétions on est en présence d’un personnage féminin qui est le personnage principal du film, qui le mène non pas par les personnages qui gravitent autour d’elle mais par ses excentricités, suivi tant bien que mal par le personnage masculin.
Face à l’importance de ce rôle feminin Howard Hawks rassemblera des grands noms de la comédie autour de Katherine Hepburn dont c’est la première apparition dans une comédie.
Cette satire des personnages masculins se retrouvera dans d’autres films d’Hawks. Nous nous proposons dans un prochain d’article de discuter le caractère de screwball comédie de l’une d’entre elles, un indice c’est une comédie musicale.

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2 Responses

  1. 5 February 2014

    […] qui m’a permis d’explorer le genre de la screwball comédie avec deux autres films : L’impossible monsieur bébé et Les hommes préfèrents les blondes. Mais ce n’est pas seulement à la screwball comédie […]

  2. 13 December 2015

    […] autre qu’Howard Hawks, à l’origine d’ailleurs de deux screwballs comédie dont Bring up Baby, l’impossible monsieur bébé à lire ici. Et bien sûr pour le scénario tiré d’un livre d’Ernest […]

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