Lou et l’île aux sirènes, l’hommage d’une génération qui ose

Sous le regard captivant de Lou Cristal du Festival d’Annecy

Un village de pêcheur rythmé par l’émetteur radio qui annonce les ateliers de découpe de poisson fameux dans l’île, un jeune homme taciturne qui ne semble pas vouloir se mêler aux autres élèves de son lycée et rechigne à rejoindre leur groupe de musique alors qu’il poste sa musique sur les réseaux sociaux. Tout semble tranquille jusqu’à ce que le jeune homme se mettent à jouer près de la mer et voit une lueur, un être qu’il va alors vouloir retrouver, il accepte alors de jouer dans le groupe qui a prévu de répéter sur l’île au sirène que son grand père dit maudite, il pense y retrouver la forme étrange qu’il a aperçu. C’est alors que Lou apparaît dansant sur le ponton de l’île aux sirènes, ce qui semblait être un film d’animation traditionnel devient psychédélique et fou à l’image du générique qui fait apparaître le nom du film. Lou la sirène redonne vie au village, le pare de magie et de folie mais aussi de poésie à l’image des poissons qu’elle entoure d’un cube d’eau protecteur tout au long de leur chute. Lou adorable sirène va susciter l’envie et l’appât du gain aussi bien que le retour des peurs ancestrales. Son but se faire aimer mais encore faut-il que les habitants de l’île la comprennent. Comme Lou qui d’un simple regard fait danser, le film nous captive, nous fait sourire et nous envoûte.

Une nouvelle génération de réalisateur qui ose, bouleverse et transcende

Une nouvelle génération de réalisateur japonais se révèle sous nos yeux. Elle n’oublie pas ses aînés mais elle s’en affranchie en osant tout. Ici il faut oublier le film dont les échos se font encore entendre et se pencher sur l’héritage et la nouveauté. 

Les grands maîtres que sont Hayao Miyazaki et Isao Takahata sont au cœur même du film qui n’hésite pas à leur faire des clins d’oeil appuyés. Le personnage de la sirène pourrait être la grande sœur de Ponyo, le père de Lou a des airs de Totoro des mers convoquant les puissances de l’eau par son cri comme Totoro appelant la chat bus. La musique qui accompagne les nageurs lors de la compétition n’est autre que la chevauchée des Valkyries utilisée quand les vagues deviennent des sirènes dans Ponyo. L’hommage à Miyazaki est donc explicite. Chez Takahata il vient puiser la liberté du dessin qu’il transcende et bouleverse. Ce qui sépare Masaaki Yuasa de ses aînés c’est sa capacité à oser s’affranchir des contraintes du dessin, il va au delà du dessin le déforme, passe d’une forme hyper simplifiée à un dessin hyper réaliste proche de ses aînés. Le dessin accompagne le récit, il est mouvant comme l’univers liquide du film, il se fait dessin d’enfant pour évoquer les souvenirs des personnages, il déforme les visages pour renforcer l’émotion. Loin de disparaître avec la retraite des aînés, le cinéma d’animation japonais se fait plus créatif, plus mature, plus libre dans ses propositions. Si les aînés ont déjà annoncé leur retour, on peut à présent compter sur cette nouvelle génération pour nous mettre toujours plus d’étoile dans les yeux, mais aussi nous surprendre, et finalement nous faire arborer le grand sourire de Lou.

Pour en savoir plus sur le film, son interview sur Allociné

Lou et l'île aux sirènes : rencontre avec le réalisateur

You may also like...

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *