Lumière, les premiers pas d’un art nouveau

Après l’animation et les films du moment un retour aux sources s’imposait pour le blog et quel meilleur film choisir que celui dont le sujet est l’histoire même du cinéma : Lumière ! L’aventure commence. L’histoire du cinéma et des premiers films lumières, c’était ce que je pensais voir, un film qui serait plus de l’ordre du documentaire. En réalité Lumière ! L’aventure est bien plus qu’un documentaire ou qu’un film, c’est en quelques sortes un catalogue raisonnée de multiple oeuvres d’art : chaque film présentés regroupés par thématiques sont autant de petits chefs-d’oeuvre que l’on pourrait découvrir indéfiniment. Quand la fin est annoncée on reste hanté par toutes ces images d’une autre époque, se plaisant à regarder les rues de Paris et ses passant comme à travers un cinématographe des frères Lumière.

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Je ne pourrais comme à mon habitude vous décrire les premières minutes du film, si ce n’est vous dire que le film s’ouvre sur la scène la plus mythique du cinéma, qui est en fait la toute première scène de cinéma au monde, la sortie d’usine des frères Lumière. 

De découverte en découverte sur les premiers pas du cinéma

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La sortie d’usine

Au fil du film nous allons de découverte en découverte, de première fois en première fois : premier film, première scène de famille, premier film comique avec l’arroseur arrosé, premier reportage sur le vif, premier film à grand spectacle avec la fameuse entrée en gare de la Ciotat, mais aussi premiers reportages aux quatre coins du monde, premier reportage sportif et coté technique, premier travelling avant, première contre plongée. Chacun de ces instants nous est un peu plus dévoilé par Thierry Frémaux réalisateur et commentateur du film, qui à la manière d’un guide passionné nous fait découvrir les merveilles du cinéma de Lumière.

Par exemple concernant le fameux premier film, Thierry Frémaux nous révèle avec gourmandise, l’existence de trois films différents dont deux montrant au côté des ouvriers sortant de l’usine, une voiture à cheval. Il nous fait remarquer aussi qu’en plus d’être le premier film de l’histoire c’est aussi une des premières mises en scène, les ouvriers sortant de l’usine ont en effet bien conscience de la camera face à eux et chacun tient son rôle.

Le cinéma des frères Lumière une oeuvre d’art en mouvement

Au coeur de ces beautés, trois éléments se détachent et font tout l’art du cinéma des frères Lumière et de leurs opérateurs. Tout d’abord avec un nom prédestiné un des éléments majeur de leur art c’est la lumière, alors que les frères n’ont pour seul instrument que le cinématographe, l’image avec ses ombres et ses lumières est absolument parfaite. Les noirs et blancs se détachent comme sur une photo, on pense alors au temps qu’il a fallu à l’opérateur pour trouver cette lumière parfaite. Un autre élément vient parfaire cette lumière, c’est le cadre, là aussi l’opérateur est un véritable artiste qui sait se placer au bon endroit au bon moment. A l’image de la fameuse entrée en gare de la Ciotat où le train sombre arrive sur la gauche en formant une diagonale parfaite, alors que les voyageurs s’amassent sur le quais habillés de ton clair. 

Gare de la Ciotat

L’entrée en gare de la Ciotat

Si cette scène est préparée à l’avance, d’autres films impressionnent d’autant par leurs cadrages qu’ils sont pris sur le vif. Nous avons ainsi les rues de Paris cadrées à la perfection laissant voir le trafic des voitures à cheval sur les champs Elysée ou les places de Lyon berceaux de l’usine des frères Lumière où se mêlent les passants, les bicyclettes et les voitures à cheval. Cette perfection du cadrage est comparée par le réalisateur aux plus grands cinéastes : Griffith, Esenstein, Ozu, Kurosawa… Là aussi on imagine l’art de ces opérateurs, pour cadrer à la perfection alors que comme le rappel Thierry frémaux ils n’avaient pas de visée direct sur le film pour vérifier si leur cadrage était bon.

Le dernier élément n’est plus technique mais concerne les films eux-même, ce qui ressort au delà de leur immense beauté c’est la tendresse et l’humour. Depuis les tout premiers films ce sont des aspects majeurs du cinéma des frères Lumière, que ce soit avec l’arroseur arrosé et ses variantes ou le repas de bébé.

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L’arroseur arrosé

Les enfants deviennent alors les acteurs privilégiés et donne lieu à des scènes d’intenses émotions : l’enfant que l’on voit passer devant la caméra après le défilé des poussettes a la tendresse d’un Chaplin tandis que la petite fille vietnamienne qui suit la caméra s’éloignant sur un pousse pousse exprime toute la pureté de la joie d’une enfant ayant gagné sa course.

Je resterais sur ces belles images de rires et d’insouciance, qui sont très proche des émotions que nous laisse ce film témoin si incroyablement préservé d’un autre temps.               

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