Your name, Makoto Shinkai, une nouvelle modernité pour l’animation japonaise

Après avoir succombé aux rêves des artistes de Lalaland et introduit la comédie musicale sur le blog. Retour à une thématique phare du blog, l’animation. Sorti fin décembre je ne pouvais pas laisser Your Name disparaître des écrans sans vous en parler. Et vous avez de la chance, il est encore en salle pour quelques temps ! Donc un conseil précipitez-vous pour découvrir l’univers de Makoto Shinkai, un nom qui devrait s’imposer dans l’univers de l’animation post Ghibli au coté de Mamoru Hosoda, comme le laisse déjà deviner le succès du film au japon et en occident. Mais avant d’analyser plus en détail l’héritage des studios Ghibli et les liens qui unissent ces deux réalisateurs, les premières minutes du film.

 

Your-Name

Dès les premières minutes du film un nouveau rythme

Au départ un son de crépitement, puis l’image d’une comète dans le ciel. Deux personnages regardent ce spectacle incroyable. Puis les images d’un jeune homme et d’une jeune fille s’entrecroisent à la manière d’une clip sur une chanson très pop. Cette chanson pose les bases du films et de l’intrigue. Écran noir, la lumière se fait sur un nouveau son, celui d’un portable qui vibre. La jeune fille s’éveille mais semble pour le moins étonnée par son corps, allant même jusqu’à pousser un cri devant le miroir. La jeune fille vient alors prendre son petit déjeuner elle semble avoir repris le contrôle de son corps. Mais son entourage ne cesse de lui parler de la journée d’hier et de son comportement. Nouvel écran noir, nouveau portable qui sonne cette fois nous sommes dans la chambre du jeune homme. Cette fois c’est le jeune homme qui est absolument horrifié par son corps. Ce qui ne semblait qu’un rêve est en fait une réalité, la jeune fille est dans le corps du jeune homme et va vivre une journée dans sa peau comme celui ci l’a fait quelques jours plus tôt. De manière aléatoire les vies s’échangent, les questions commencent à se poser au fur et à mesure que chacun vit la vie de l’autre. Pourquoi cet échange, comment vivre ainsi ?

Makoto Shinkai, Mamoru Hosoda deux héritiers des studios Ghibli

Kimi no Na wa 2016 Whussa

Entre science fiction et film sur l’adolescence le cinéma de Shinkai se révèle d’une grande beauté et bien plus profond que ce que pourrait laisser penser de prime abord sa bande son très pop. Héritier des studios Ghibli par son dessin, il s’en détache par ses sujets et son ryhtme tout comme Mamoru Hosoda. Ces deux acteurs de l’ère que l’on pourrait appeler post Ghibli ce sont tout deux emparés du thème de l’adolescence sur fond de merveilleux un thème que l’on retrouve seulement en toile de fond chez leurs ainés du Studio Ghibli : Princesse Mononoké et Princesse Kaguya. Tout deux vont plus loin et font intervenir le couple et les premières rencontres qui ne sont pas des sujets de prédilection des studios Ghibli. La différence majeure qu’ils apportent aux studios Ghibli réside aussi dans le lieux de l’action, nous ne sommes plus dans des pays lointains, des campagnes restées hors du temps, mais au coeur des villes et de leur tumulte ce qui est renforcé par le rythme imposé à l’action. La campagne apparaît cependant en opposition face à la ville, elle reste le lieux des traditions et de la sagesse des anciens ; le personnage de la grand mère cher à Miyazaki se retrouve chez ces deux héritiers. Chez Shinkai l’opposition est personnifiée par les deux héros, chez Hosoda la campagne devient refuge pour élever les enfants loups. Il n’y a donc pas une totale rupture avec les studios Ghibli mais une certaine continuité, comme l’enfant qui passe à l’age adulte.

L’adolescence c’est bien le thème de prédilection choisi par Mamoru Hosoda et Makoto Shinkai, qui en font chacun une lecture différente et personnelle. Chez Mamoru Hosoda prime le parcours initiatique et les choix que doit faire l’adolescent dans son passage à l’âge adulte : rester dans le monde des hommes ou dans celui des loups pour Les enfants loups, suivre les pas de son maître et accepter son héritage pour le garçon et la bête. Chez Makoto Shinkai nous sommes dans l’émotion et le mystère des premières rencontres.

Mature, rythmé, une nouvelle vie qui ne cesse de s’imposer pour le cinéma d’animation japonais

Après les studios Ghiblis et l’enfance, les héritiers s’emparent de l’adolescence pour un cinéma plus mature et rythmé par la ville. Une fois de plus le cinéma d’animation n’a rien à envier au cinéma traditionnel, mieux il le surpasse par ces choix novateurs par l’incroyable liberté donnée par le dessin. Il n’y a plus vraiment de différence si ce n’est le médium. Il ne reste plus qu’à attendre le nouveau Mamoru Hosoda et découvrir l’univers de Makoto Shinkai.

 

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