The Grand Budapest Hotel, l’artiste Wes Anderson


Si je reprends la plume ici, après quelques temps d’intenses lectures pour parler au mieux de ce sujet qui me passionne, ce n’est pas pour vous conseiller les classiques en salle ou à la télé ; ce que je fais à présent sur la page facebook dédiée au blog, mais pour vous parler d’un film bien actuel. Avant de vous livrer des articles plus détaillés, plus ancrés dans l’histoire même des films classiques que je dévore, quelques mots aujourd’hui sur ce film coup de coeur, Grand Budapest hôtel de Wes Anderson. 
Arriver à innover à surprendre alors que tant de maîtres sont passés par là et ont produit tant de chefs-d’œuvre est pour moi toujours un questionnement, qui revient à chaque nouvelle séance de cinéma. Quand on commence à plonger dans l’histoire du cinéma, on discerne alors tout le challenge qui incombe aux réalisateurs qui souhaitent marquer leur époque, c’est alors un véritable enchantement de voir ce réalisateur réussir et proposer un nouveau regard, s’inscrire dans le 7e art.

Avant de vous parler plus en détails de ce qui fait de ce film pour moi un chef-d’oeuvre. Quelques mots sur le scénario qui s’inspire de Stéphane Zweig, je vous avouerais tout de suite que je ne peux vous dire à quel degré se situe l’inspiration, ma connaissance de Zweig se limitant à mon grand regret au joueur d’échec. L’histoire commence donc avec un écrivain se remémorant les circonstances qui lui ont fait écrire le roman qui l’a fait connaître. Il séjournait alors dans un hôtel qui jadis avait eu tout le lustre des plus grands palaces. Il fait la connaissance du directeur de l’hôtel qui pendant toute une soirée va lui conter son histoire et les péripéties qui lui on fait acquérir son immense fortune et cet hôtel. On est alors transporté aux plus belles heures du palace, de son maître d’hôtel et de son lobby boy dont la vie millimétrée se voit bouleversée par un télégramme. Le rythme devient alors effréné, la fuite se fait perpétuelle par tout moyen, dans tous lieu et la jouissance du spectateur augmente au fur et à mesure des multiples rebondissements. Je ne vous en dirais pas plus vous l’aurez compris, car chaque scène est à découvrir dans ses moindres détails. Et je gage même que vous découvrirez de nouveaux détails et trouvailles en voyant le film plusieurs fois. Place à présent à quelques réflexions sur le film et son réalisateur qui mériterait de se plonger plus en détail sur sa filmographie et ses influences, ce que je ne manquerais pas de faire un jour.

Wes Anderson réalise une véritable oeuvre d’art tant du point de vue visuel que du point de vue de l’histoire. On est bien loin des blockbusters et du cinéma de divertissement. Certe le cinéma est un des meilleurs moyen de s’évader ce que propose en quelque sorte la plupart des films avec plus ou moins de bonheur, mais on oublie trop souvent avec ce cinéma que le cinéma est aussi un art. Heureusement dans le flot de films et de réalisateurs certain sont de véritables artistes, Wes Anderson en fait donc partie. 

 

Le cinéma me paraît semblable à deux frères siamois, qui seraient unis par le ventre, c’est à dire par les nécessités inférieures de vivre, et désunis par les cœurs, c’est à dire par les nécessités plus hautes de s’émouvoir. L’un de ces frères ne peut s’émouvoir que noblement, l’autre ne peut s’émouvoir qu’ignoblement. Le premier de ses frères est l’art cinématographique, le second est l’industrie cinématographique. Jean Epstein conférence au salon d’automne, Paris 1923


Je ne parle pas seulement de l’esthétique qui atteint ici la perfection, tant chaque plan semble étudié au centimètre près, à la plante près qui viendra former le décor, au moindre détails qui viendra mettre en valeur tel personnage. Au delà du visuel, ce que maîtrise aussi avec génie Wes Anderson c’est l’art du conte, un film pour acquérir ses lettres de noblesses ne doit pas se contenter d’être beau, il doit nous raconter une histoire. Ici nous sommes transportés hors du temps à la manière des contes de notre enfance. Ce statut de conteur de Wes Anderson m’avait frappé quand j’ai vu Moonrise Kingdom, qui était je l’avoue mon premier Wes anderson. L’histoire, les personnages, leur fraîcheur, leur folie en faisait un conte pour adolescent qui avait tout du film culte avec un parfum de sixties délicieusement suranné. Avec Grand Budhapest il est aussi question d’un passé révolu, mais celui ci est volontairement placé dans un temps et un espace inconnu, pour en faire une histoire à la fois intemporelle et ancrée dans la grande histoire, celle du monde avant la guerre. 
Au final nous sommes en présence d’un film qui va nous émouvoir, nous tenir en haleine, nous surprendre, nous emporter au delà du temps. A noter, un petit bonus qui n’a rien à envier au grand Marcel Gotlib pour ceux qui comme moi reste jusqu’à la fin du générique. Un dernier mot en forme de conclusion : tout simplement jouissif !

A très bientôt pour reparler cinéma classique cette fois ! En attendant l’actu ciné classique c’est sur facebook

 

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